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Héroïne de l’Ombre : Madame Kaka, une pêcheuse en plein fleuve dans le Tchad profond

Couverte de voile, à bord d’une pirogue, au milieu de ses matériels de pêche, Madame Kaka est une pêcheuse en plein fleuve. Si l’activité de la pêche est pénible et attribuée aux hommes dans d’autres zones du pays, dans la communauté de Madame Kaka, cette conception est vue autrement.

Agée de la vingtaine révolue,  mère de deux enfants, pour elle, être née dans une communauté où la pêche est une activité principale et la femme peut aussi l’exercer constitue une opportunité.

« J’avais quatorze ans quand j’ai commencé. Grandir dans un environnement dominé par l’eau a développé en moi une passion inébranlable pour la pêche. J’appartiens à une communauté qui a construit sa réputation autour de l’eau et où la culture offre une place à la femme», nous confie-t-elle, avec confiance.

Avec son équipe, Madame Kaka rame à bord d’une pirogue jusqu’au milieu du fleuve pour  la pêche, cette équipe «féminine» utilise des techniques différentes et pratiques «Je suis fière de bénéficier de cette opportunité et surtout de pratiquer une technique peu adoptée par les femmes. Nombreuses utilisent des pièges à poissons mais avec mon équipe, nous ramons loin dans le fleuve pour placer les filets, préparés au préalable. Ce système, est appelé Djakou».

Admiratrice à l’égard de sa communauté pour la place de choix à l’épanouissement et l’autonomie de la femme, cette dame coriace dans le travail reconnait la particularité de sa communauté « Au Tchad en général, ce sont les hommes qui pêchent tandis que les femmes s’occupent de la transformation et de la commercialisation, mais chez nous c’est différent. Je suis fière de pratiquer une activité peu exercée par les femmes ailleurs».

Attentive et active à la tête de son équipe, la «pêcheuse » appelle les tchadiennes à trousser les manches pour mériter une place dans la société à travers un travail acharné «J’estime que la femme tchadienne doit se battre pour être autonome et indépendante et ne pas être vulnérable» Madame Kaka

Crédit photo : Salma Khalil/Texte : Aché Coelo/TWM

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