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Egypte:4 mai 1928-25 février 2020, le « Raïs » avait traversé bien des épreuves en première ligne

Issu de l’armée, toujours au cœur de la vie politique, le « Raïs » aura déjà traversé bien des épreuves en première ligne : la guerre avec Israël en 1973, six tentatives d’attentats, la subversion armée islamiste dans les années 90.
Né le 4 mai 1928, issu d’une famille de la petite bourgeoisie rurale, un physique râblé, il fut le patron de l’armée de l’air durant la dernière guerre contre Israël, en octobre 1973, dont il est considéré officiellement comme un « héros ».
Sa longévité, mais aussi son habileté et un grand pragmatisme, ont donné au président Moubarak, allié du camp occidental, une forte stature internationale, ayant été et restant l’interlocuteur privilégié de tous les dirigeants du monde.

Hosni Moubarak, déjà au pouvoir depuis un quart de siècle, a décidé à 77 ans de briguer le 7 septembre un nouveau mandat présidentiel de six ans, le cinquième depuis qu’il a succédé à Anouar al-Sadate, l’homme de la paix avec Israël, assassiné en octobre 1981.

Leader du monde arabe

Il s’est aussi imposé comme un leader incontournable du monde arabe, dont il a appelé jeudi 28 juillet les chefs à se réunir en sommet extraordinaire à Charm el-Cheikh, dix jours après l’attentat terroriste qui a visé sa « capitale » diplomatique.
Prudent, obsédé par la sécurité et la stabilité, Hosni Moubarak donnait l’impression de guider son pays à son rythme, préservant avec succès « la paix civile », sans prendre le risque de réformer un pays de 72 millions d’habitants.
Mais les urgences politiques et sécuritaires pourraient autrement mettre sous pression Hosni Moubarak. Il aurait pensé, selon la rumeur publique, céder la place à son fils Gamal, entré en politique sans le passage obligé de l’armée.
Pressé par les Etats-Unis, et la renaissance d’une opposition – qui va des « Frères Musulmans » (islamistes) au mouvement laïque démocratique Kefaya « Cela suffit » – Hosni Moubarak a déjà lâché du lest.
Il a accepté que soit organisée en Egypte une élection présidentielle multipartite et au scrutin universel direct, passant par une réforme encore très restrictive pour la présentation de candidats indépendants.

Retour du terrorisme

Si sa victoire ne fait pas l’ombre d’un doute, il est clair que Hosni Moubarak, une fois élu, ne pourra négliger comme avant une opposition, y compris islamiste, qui se sent encouragée par les « pressions » venues des Etats-Unis.
Le retour du terrorisme semble aussi se profiler, avec deux attaques très meurtrières, celle de Charm el-Cheikh, qu’avait précédée, en octobre 2004, celle de Taba, également dans le Sinaï.
Différents de la violence islamiste orchestrée par des groupes qui avaient provoqué la mort de 1.300 personnes dans les années 90, ces nouveaux attentats semblent porter la marque de la nébuleuse al-Qaïda, selon des experts au Caire.
« Si l’Egypte entre clairement dans le viseur d’al-Qaïda, dont un tiers des cadres sont Egyptiens, parmi lesquels Ayman al-Zawahiri, son numéro deux, cela signifie que la chute de ce régime jugé impie devient sa priorité politique, ce qui est redoutable pour le président Moubarak » estime un diplomate européen de haut rang.

L’OBS

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