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Succès MASRA : «Notre soutien à Hassan Guedallah,qu’il soit remis à son poste»

Bonjour chers amis journalistes, hommes et femmes de médias.

Nous vous avons convié ici pour parler de la suspension du Directeur Général de la Télévision Nationale, Mr Hassan Guedallah Mahamat, un de vos confrères dont vous connaissez le professionnalisme et plus généralement de la question de l’accès équitable aux médias publics.

Il y a 5 jours, le samedi 05 octobre, ici même au siège des Transformateurs, dans cette maison de l’espoir, nous vous avons convié pour vous présenter et présenter à la nation les 20/20 ; 20 propositions pour un nouveau départ au Tchad dès 2020. C’est l’occasion de vous remercier d’avoir donné un écho abondant à cette communication.

Et comme vous le savez, parmi ces 20 propositions, après la première proposition qui concerne le droit de Manifester pacifiquement pour exprimer son opinion ; la deuxième proposition c’est : l’accès équitable aux médias.

L’actualité et les décisions inimaginables prises par le Gouvernement semblent indiquer que nous n’avons pas tort d’avoir fait ce diagnostic avec tous les Tchadiens et surtout de faire cette proposition pour l’avenir de notre pays.

Le pouvoir finissant de notre pays a voulu sacrifier un professionnel qui n’a fait que faire son travail de permettre à la diversité des opinions de s’exprimer.

Pour avoir autorisé, après débat en conférence de rédaction, la première diffusion d’une minute, consacrée aux Transformateurs, le Ministre de la Communication et Porte-Parole du Gouvernement, nous l’avons appris par vos confrères, a pris un arrêté de suspension de Mr Hassan Guedallah Mahamat de ses fonctions de Directeur Général de la Télévision Nationale.

Un Ministre n’agit pas sans son chef du gouvernement, et donc vous imaginez bien d’où est parti l’ordre. Le chef de gouvernement dans cette République bancale qu’est la 4ème République, vous le connaissez. Ce chef du Gouvernement qui a réuni des acteurs politiques sous sa tente en votre présence pour leur dire je cite « certains hommes politiques n’ont pas leur place parmi nous » ; entendez, ceux qui veulent transformer le Tchad, ce chef-là a donc donné son signal pour que le Nom des Transformateur soit persécuté et que tous ceux qui osent la transformation soient persécutés.

Ceci est une première dans l’histoire de notre pays. Car de mémoire, jamais on n’a sacrifié un Directeur National de télévision nationale pour avoir permis à la pluralité des opinions de s’exprimer. Je suis ici pour dire à Mr Hassan Guedallah Mahamat et à ceux qui sont persécutés à cause de ce nom Les Transformateurs ; je veux leur demander de se sentir non pas heureux d’être persécutés, mais se sentir plein d’espérance ; car la transformation du pays n’est pas loin et qu’ensemble, nous allons, avec ces cicatrices d’hier et d’aujourd’hui, arriver à cette terre promise du progrès et de la transformation de notre pays.

Je veux le dire à Marcel DANBE et son petit frère qui ont été violentés, blessés, tabassés par les forces de sécurité le jour de présentation des 20/20, que la marche de la transformation est irréversible et nous y arriverons. L’un deux a eu 12 points de suture au crâne. Ils sont touchés mais restent debout et déterminés.

Je veux le dire à Mr Marrah PABAME, un papa ( je l’appelle papa par respect, ce sexagénaire serviteur) qui a servi la République depuis 1975 sans interruption, dans la droiture, mais qui après réunion de la Ministre Secrétaire General du Gouvernement et de l’Actuel Ministre de Défense chargée de l’armée et de la police, a été suspendu pour avoir traité et soumis en bonne règle la demande de publication de l’officialisation des Transformateurs au journal officiel de la République.

Je veux le dire à tous ceux qui ont été blessés parce ce que distribuant les drapeaux de notre pays ; à ceux qui ont été comme nous-mêmes blessés pour avoir exercé notre droit légitime de regroupement politique, je veux leur dire, sentez-vous heureux d’être persécutés, car la transformation de notre pays arrivera. Parmi eux, Zenab, Ahidjo, Allatoyngar, Euègne, Ronel et Armand.

Chers amis journalistes, et chers compatriotes.

Sommes-nous dans un pays normal ? Un pays qu’on a promis comme démocratique il y a 30 ans ou sommes-nous dans un pays qui a les mêmes méthodes des pires dictatures que nous avons toujours connus ? La réponse, vous l’avez. Car quelle est la différence entre la télévision nationale d’aujourd’hui et celle de propagande d’hier ? Hier c’était autour d’un Parti Unique et d’une Personne. Aujourd’hui c’est en plus d’un Parti, d’une personne au pouvoir intégral et responsabilité minimale, une fondation privée financée sur ressources publiques. Voilà ce qu’on a vendu aux Tchadiens comme la liberté il y a 30 ans, liberté de diversité d’opinions, liberté d’association et regroupements etc.

Faut-il le rappeler à ceux qui sont aujourd’hui sommet de notre pays et qui considèrent le Tchad comme leur propriété privée, que la télévision nationale et la radio ou les journaux publics sont entretenues par les ressources financières et matérielles appartenant à tous les Tchadiens.  Oui le salaire des journalistes de télé Tchad, radio Tchad et même l’agence tchadienne de presse de d’édition sont payés aussi par l’argent des Transformateurs qui, comme toutes les Tchadiennes et tous les Tchadiens, sont en droit de faire entendre sur leurs médias, leur voix.  Apparemment le cirage a changé mais la chaussure est restée la même, la chaussure de la dictature.

Oui, il faut le dire ici et maintenant : la radio et la télé nationale n’appartiennent pas à une fondation privée financée d’ailleurs par les ressources de notre pays, arrachée aux entreprises publiques et aux partenaires etc. la Radio et la Télé nationale n’appartiennent pas à un parti politique. Elles n’appartiennent pas à quelques individus et leurs intérêts privés. Au nom des Transformateurs et de tous ceux à qui on interdit l’accès aux médias publics de notre pays, je veux ici solennellement exprimer mon indignation et mon appel à aller au-delà de l’indignation et se mettre debout pour la justice.

Car contrairement au plus grand mensonge de notre histoire qui est de promettre apporter la liberté, la liberté ne se donne pas, même pas par le plus vertueux des prophètes. La liberté s’arrache et se construit par un peuple qui doit lui-même se mettre debout.

Nous n’allons pas reculer et nous demandons à toute la société tchadienne de ne pas reculer face à l’arbitraire et la terreur. C’est une question qui concerne vous aussi acteurs de la presse privée qui êtes là. Car si on dit que parler des Transformateurs sur la chaîne nationale est interdit, alors la prochaine étape c’est quoi ? C’est aussi de vous demander de ne pas parler de ceux-là qui veulent transformer la vie des Tchadiens, car transformer la vie des Tchadiens nuit aux intérêts privés qui ont pris notre pays en otage.

Oui bientôt ce sera interdit de parler de la transformation de l’école ; oui bientôt ce sera interdit de parler de la transformation du système de santé, de justice, des conditions d’accès à un emploi décent, à un toit décent, à l’eau potable, à l’électricité, etc. Oui bientôt ce sera interdit de parler du mérite et de la diversité et du dialogue. Bientôt ce sera interdit de parler d’un Tchad qui deviendra terre d’opportunités pour tous.  Nous avons dit, que celui qui ne veut pas de la transformation de notre pays nous jette la première pierre. Ils le font. Ils nous jettent la première pierre à la première minute où on apparait sur les médias publics parce qu’ils ne veulent pas voir ce pays transformé.

Où est la Haute autorité chargée de veiller à la diversité des opinions sur les médias ? petite ou haute autorité très efficace pour fermer les radios privées comme récemment avec la Radio Oxygène, où est-elle quand elle voit chaque jour un reportage sur une même personne, un même parti et une même fondation qui d’ailleurs se nourrit de la misère d’un peuple à qui on a promis un mandat, puis 2, puis 3, puis 4, puis 5 pour s’occuper de son sort, en vain.

Oui cette propagande est indigne et nous allons la dénoncer et nous dresser devant cela jusqu’à ce que nous changions cela ensemble. Oui c’est indigne de laisser un peuple sans soins, sans eau potable, sans école etc., et ensuite de prendre une partie de l’argent de ce même peuple et lui donner des miettes en les exposant au soleil, en rang comme des bétails et lui demander de vous dire merci pour votre cœur qui serait comment dire gros ? Non, il n’y a que des gens sans cœur et avec gros cœur pour être ainsi cynique tout en prenant en otage les moyens de communication qui appartiennent à ce peuple.

Je suis allé il y a quelques mois, exprimer cette indignation officiellement à la Télévision nationale. Nous autres n’attendons pas que le régime actuel qui va partir bientôt ne soit plus là pour lui dire les choses qui ne sont pas acceptables dans une République.

Nous n’attendons pas la fin comme certains qui ont collaboré à cœur joie avec des régimes liberticides, pour venir après dire : mais on disait ça.

A tous nos compatriotes qui croient à la vision de transformation de notre pays, je veux ici vous dire : n’ayez pas peur, portez fièrement votre identité de transformateur et transformatrice, portez fièrement votre identité de Tchadienne et Tchadien debout pour la justice.

N’attendez pas d’être victime directe d’une injustice pour vous sentir concerné par cette injustice. Les Transformateurs, n’ont ni adversaire, ni ennemi, mais leur adversaire c’est la misère de notre pays, notre ennemi, c’est l’injustice, toutes les injustices.

C’est pourquoi, parce que Mr Hassan Guedallah Mahamat qui est un professionnel ayant même longtemps travaillé à la présidence de la République subit aujourd’hui l’injustice, nous exprimons solennellement ici notre soutien en demandant qu’il soit remis à son poste.

Pour les Transformateurs, Dr Succès MASRA

Une pensée sur “Succès MASRA : «Notre soutien à Hassan Guedallah,qu’il soit remis à son poste»

  • octobre 14, 2019 à 5:35
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    Un message fort, touchant et inspirant…
    Si nous ne transformons pas ce pays aujourd’hui, personne viendra le faire à notre place pour pour un meilleur et prospère…
    Tout changement amorce par un changement qui doit être changé en son sein même pour qu’un changement soit effectif et changeable à un niveau de transformation pérenne.

    Courage à toutes et tous les transformateurs.

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