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États-Unis: Un Palestinien de Harvard refoulé au nom des statuts de ses amis Facebook

Surdoué issu d’un camp de réfugiés au Liban, Ismail Ajjawi a été interrogé pendant cinq heures à son arrivée à l’aéroport de Boston, avant que son visa soit refusé. L’affaire émeut et inquiète les défenseurs de la liberté d’expression.
Sauf revirement, il devrait y avoir une chaise vide à l’université de Harvard, près de Boston, le mardi 3 septembre, jour de la rentrée. Celle d’Ismail Ajjawi.Ce brillant étudiant palestinien de 17 ans avait pourtant réussi à se frayer un chemin depuis le camp de réfugiés de Tyr (Liban), où il a grandi, jusqu’à la prestigieuse faculté américaine, avec l’espoir de devenir chirurgien. Une belle histoire d’ailleurs exposée peu avant son départ par la chaîne panarabe Al-Araby, dont le siège se trouve à Londres.


Cinq heures d’interrogatoire
Mais, vendredi soir, les agents de l’immigration de l’aéroport de Boston ont ajouté une péripétie. Selon le Crimson, le journal de l’université de Harvard, qui a reçu un communiqué écrit du jeune homme, à sa descente de l’avion, “les officiers l’ont soumis à cinq heures d’interrogatoire, en quittant à un certain moment la pièce pour fouiller son téléphone portable et son ordinateur”.Après la fouille, sans qu’il ait pu franchir la frontière, Ismail Ajjawi a été renvoyé au Liban, en dépit de la validité de son visa. Pour quel motif ?
À l’issue de ces cinq heures, une officière a commencé à me hurler dessus, en disant qu’elle avait trouvé des statuts exprimant des points de vue politiques opposés aux États-Unis parmi ceux de ma liste d’amis Facebook. Je lui ai répondu que je n’avais rien à voir avec ces statuts, que je ne les avais ni likés, ni partagés, ni commentés, et que je ne pouvais pas être tenu pour responsable de ce que postent les autres.”
Des arguments qui n’ont pas convaincu l’officière.Alors que l’étudiant, assisté par l’université de Harvard, négocie depuis avec les services de l’immigration pour obtenir un nouveau visa, l’affaire provoque naturellement, dans les médias américains, la colère des opposants au durcissement de la politique migratoire du président Donald Trump. Mais aussi celle des défenseurs de la liberté d’expression tant chérie par les Américains.


Selon Summer Lopez, de l’association PEN America, citée notamment par le New York Times, “empêcher les gens d’entrer dans le pays parce que leurs amis ont critiqué les États-Unis sur les réseaux sociaux démontre un stupéfiant mépris de la liberté d’expression”.Newsweek ajoute que, selon Summer Lopez, “l’idée qu’Ajjawi doive être privé de sa place à Harvard à cause de son propre discours politique serait alarmante ; le fait qu’il soit privé de cette chance au nom des propos d’autres personnes est purement et simplement illégal”.D’autant que le cas de l’étudiant palestinien n’est pas isolé, selon Sarah McLaughlin, de la Fondation pour les droits individuels dans l’éducation (Fire), qui évoque dans le New York Times “de nombreuses accusations récentes de refus de visas au nom de points de vue politiques”.RépondreTransférer

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