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Turquie : Erdogan s’attaque aux mairies du parti prokurde

La dissolution des mairies de trois grandes villes kurdes laisse craindre le début d’une nouvelle vague de répression envers l’opposition.

Le président turc Erdogan a mis ses menaces à exécution. Durant la campagne municipale mouvementée qu’a connue le pays avant l’été, il avait déjà menacé les futurs élus et électeurs du parti de gauche prokurde HDP. Les maires de Mardin, Van et Diyarbakir, trois grandes villes de l’est du pays, majoritairement kurde, ont été démis de leurs fonctions pour “liens avec une organisation terroriste”, rapporte le quotidien Cumhuriyet.

Pas moins de 418 interpellations ont été effectuées simultanément parmi les sympathisants et militants du parti à travers le pays. Une façon pour le pouvoir turc de punir ses opposants, mais aussi de s’assurer du soutien de son allié d’extrême droite, le MHP, dont le président a appelé le ministre de l’Intérieur pour le féliciter : “Nous renouvelons notre entière confiance dans le gouvernement”, a-t-il déclaré, relate le journal progouvernemental Sabah.

Les Kurdes peuvent néanmoins compter sur le soutien du CHP, le principal parti de l’opposition laïque et nationaliste, traditionnellement très hostile aux revendications autonomistes kurdes, mais qui cette fois-ci fait bloc contre le président Erdogan.

Ekrem Imamoglu, le maire CHP d’Istanbul, triomphalement élu au mois de juin, notamment grâce au soutien du parti prokurde, a fait immédiatement part de son indignation sur Twitter : “Relever de leurs fonctions des maires élus est un affront fait à la démocratie, il est inacceptable de bafouer la volonté du peuple.”

En 2016 déjà, plus de 70 équipes municipales kurdes avaient été dissoutes, et une partie des élus emprisonnés. La reconquête des mairies lors des dernières municipales avait donné lieu à des scènes de liesse.

Les maires nouvellement élus avaient alors abattu les murs et les barricades dressées autour de leurs mairies et fait visiter les bâtiments, où les tuteurs nommés par l’État “s’étaient construit de véritables palais” avec l’argent du contribuable, comme le dénonçait dans le journal en ligne Diken le nouveau maire de Diyarbakir, celui-là même qu’Erdogan vient de démettre de ses fonctions.

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