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Mao: Electeurs de la majorité présidentielle défiés par l’élargissement des ravins

Située à plus de 300 kilometres au Nord de N’Djamena la capitale, Mao, province du Kanem, appelée également  » La ville Blanche  »  par les habitants, est menacée à grand pas les ravins.

Ancienne capitale de l’Empire du Kanem Borno, ville historique et cosmopolite du Tchad dont les premiers « mandarins »  du pays étaient issus de son école.

La ville compte environ 30 quartiers, repartis du sud et Ouest non loin de Koumbagari. On traverse les quartiers Haihairom, Seidnari, Bozongua,Moto wardari, jusqu’à Djanani. Au nord Youlo, Lakouass, Mayfor…, à l’Est Djougou, Kantanga, Tcholori et Malmallary où les ravins font office de passoire aux chèvres qui broutent dans les saletés, jetées par les habitants dans ce « grand trou », dans l’intention de stopper son avancée.

Ici le quartier Bornoti, réputé grâce à un grand ravin, que certains le qualifient de mystique. Il s’étale sur presque 600 mètres et une profondeur estimée à 20 mètres et une largeur d’environ 60 mètres, c’est l’un des plus grands ravins de la ville, par abus de langage, certains l’appelle le « ravin mère ».

Son emplacement fait obstacle aux infrastructures sociales, éducatives, sanitaires, économiques et culturelles. A noter que le grand marché, le parc de transport, le grand hôpital, la radio Fm Ndjimi, le centre de lecture et d’animation culturel, l’Ecole du centre, le grand terrain de football… sont implantés à la traversée nord des ravins.

Le Ravin de Bornoti est situé aux environs  70 mètres du palais du sultan, porte Ouest, 20 mètres des murs de la grande plus grande mosquée de la ville.

Si dans d’autres zones du pays la pluie est sollicitée par des prières, ces habitants ne souhaitent pas qu’une grosse pluie tombe, par crainte que les ravins n’emportent leurs maisons, reconstruites juste il y a quelques temps, nous a confié un habitant qui a voulu être rassuré du respect de l’anonymat avant de s’exprimer.

Selon Moussa Tchary, un jeune sociologue « Face aux ravins, plusieurs familles se sont déplacées et continueront de se déplacer. Chaque année l’on dénombre des maisons écroulées et les routes inaccessible, incapables de remédier à ce mal du siècle, ils quittent l’endroit sur lequel ont passé toute une vie, pour recommencer une nouvelle ».

May, un homme de la trentaine que nous avons rencontré sous un savonnier, en train de prendre de l’air non loin des Oasis, soutient qu’une société chinoise était sur place pour « faire réparer les ravins », et a commencé les travaux, mais a renoncé au projet pour non-respect des engagements financiers avec le gouvernement Tchadien.

Il nous montre du doigt, l’endroit auquel la société a construit sa base avant de quitter.

Sur notre route, nous rencontrons un groupe des jeunes, tous admis au baccalauréat, retourné de leur ‘arrosage’. Quand nous demandons au premier, très bavard sur la question de l’envahissement de la ville par les ravins, ils change de l’air,  devient sérieux et hésitant, il se laisse aller « Les ravins, quand nous étions petits, l’on nous racontait que c’est une malédiction, il ne faut pas qu’on les traverse à midi 12 heures ou à minuit, nous avions peur, mais en grandissant et en apprenant à l’école, il y a un grand manque de volonté politique pour résoudre cette petite « équation » des ravins pour un pays qui se respecte et une population qui vote à chaque élection la majorité MPS/RDP, c’est désolant », conclu-t-il, d’un ton agacé.

En dehors des ravins qui rendent les familles non stables, il y a la route DAGANA NGOURI qui évolue aux pas de caméléon et ne favorise pas la dynamisation de l’économie de cette province, qui va exploiter dans bientôt son gaz et pétrole, qui jaillissent depuis Sidigui, au Nord de Mao.

Reportage spéciale Toumai Web Medias, une autre ville du Tchad sera à l’honneur dans notre prochaine publication.

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