fbpx

Tchad: Un Témoin raconte son calvaire à l’Hôpital de la Base Militaire Française à N’Djamena.

Mauvais traitement des malades, faux rendez-vous, condition d’hygiène pas correcte entre autre le comportement que décrit un Témoin au centre de santé de la Base Militaire Française. Un témoignage glaçant qui nous montre une autre réalité vécu par des tchadiens qui partent se soigner dans cette structure française.

TWM: Racontez nous votre expérience à la base militaire française de N’Djamena.

Témoin: Je me suis rendu pour la deuxième fois en six(6) ans à la base militaire française de N’Djamena avec un parent qui voulait se faire soigner. C’est une expérience catastrophique et qui m’a vraiment énervé. Premièrement, on vous donne un rendez-vous. Vous êtes censé venir à 14h, or il y a des dizaines de personnes qui ont le même rendez-vous à la même heure. Ensuite, vous attendez à l’entrée de la base gardé par des agents de sécurité tchadiens sous un structure métallique et devant la porte fermée. L’attente se fait dans des conditions inhumaines, il fait chaud, pas moyen de s’assoir par terre si vous n’avez pas amené votre tapis et de façon général l’endroit est très sale.

TWM: Comment se passe les à l’accueil?

Témoin: Logiquement une personne qui vient à la base se faire soigner est malade donc sa situation s’empire. J’ai vu de mes yeux des femmes âgées assises par terre à 45°C pour être reçu. Vous voyez des voitures entrer et sortir de la base avec les militaires français et leurs lunettes de soleil et leur air arrogant. Le jour du rendez-vous, j’ai attendu jusqu’à 14h35 et la base n’a toujours pas ouvert. On nous a dit que les médecins ne sont pas arrivés. En Europe arrivé en retard à un rendez-vous signifie un manque de respect et à la base nous sommes servis.

TWM Comment ça s’est passé pour le patient que vous accompagnez ?

l’entrée de la Base Militaire Française

Témoin: Contraint de retourner au bureau, j’ai laissé mon parent seul attendre. Il a pu rentrer dans la base vers 16h et a vu le médecin vers 17h30. Donc des heures à attendre dans la chaleur assis . Je l’ai vu après sa consultation on lui a donné un nouveau rendez-vous avec un traitement à suivre.

Je pense que certains de nos frère pensent qu’à la base militaire ils vont recevoir des bons soins car les médecins sont français. C’est une erreur parce que dès que tu arrives à la base tu comprends qu’on ne te respecte pas. Les patients vont la-bas parce que c’est gratuit, je ne vois pas d’autres explications.

Témoin Anonyme

Et pour finir, quand après des heures vous avez vu le médecin, vous devez attendre pour sortir en même tant que tout le monde. On sait pas si c’est une prison, un camp de réfugiés ou un centre de santé.

TWM: Quel est votre ressenti sur la base et sur les soins sur place ?

Témoin: Désolé de dire cela, mais j’ai aussi des doutes sérieux sur la qualité des soins que reçoivent nos compatriotes à la base militaire. Je me demande si les médecins ne sont pas pour certains venu s’exercer sur nos malades et apprendre sur des patients. Pour information, il y a quelques années alors que je me suis rendu avec un proche malade à la base militaire pour le soigner, le médecin l’a refusé parce que mon proche est de nationalité française. On lui a dit “on peut pas vous soigner ici, allez au CMS”. Pourquoi ? Donc tout ça ne rassure pas du tout.

Il faut dire la vérité, la base est une honte et les conditions de respect de la dignité n’y sont pas réunis. En Europe et particulièrement en France on est mieux reçu chez un vétérinaire qu’à la base militaire. Il faut croire qu’au Tchad tout est possible.

TWM: Votre dernier mot

Témoin: Je souhaite tout de même un bon rétablissement à tous nos malades qui vont se soigner à la base. J’ai une pensée pour les médecins sur place qui travaillent sincèrement et qui font de leur mieux pour soigner. En ce qui me concerne moi et ma famille, on tentera notre chance avec d’autres hôpitaux et médecins à N’Djamena.

Perdre sa santé ok, mais on garde notre fierté.

Témoin sous anonymat

Une pensée sur “Tchad: Un Témoin raconte son calvaire à l’Hôpital de la Base Militaire Française à N’Djamena.

  • juin 22, 2019 à 10:04
    Permalink

    c’est vraiment grave, je savait que la base ce les problèmes

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *